Titre
Les dynamiques des migrations climatiques en Afrique
Domaine
Sciences juridiques
Auteur.e.s
Saad CHAFIK
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Résumé
Le continent africain, bien qu’il ne représente que moins de 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre , concentre pourtant certaines des formes les plus aiguës de mobilité humaine liées aux dérèglements du climat. Le présent article questionne l’ampleur des dynamiques des migrations climatiques en Afrique à partir d’une analyse documentaire croisant les bases de données de l’Observatoire des situations de déplacement interne (IDMC), les rapports de la Banque mondiale et de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), ainsi qu’un corpus de travaux empiriques consacrés au Sahel, à la Corne de l’Afrique et aux littoraux ouest-africains. On peut dégager trois résultats principaux. Tout d’abord, la mobilité climatique en Afrique est largement interne et de courte distance, ce qui va à l’encontre du récit alarmiste d’un « exode » vers l’Europe. Ensuite, le climat n’agit jamais comme une cause isolée, il agit comme un multiplicateur de vulnérabilités préexistantes, au point que les populations les plus pauvres sont souvent moins mobiles, et non davantage. Troisièmement, l'Afrique possède la plus avancée des architectures normatives en matière de protection des personnes déplacées avec la Convention de Kampala à sa tête, mais souffre d'un déficit chronique de mise en œuvre. L’article propose de considérer la migration comme une stratégie d’adaptation à soutenir, et non comme une menace à contenir.
Mots-clés : migrations climatiques ; Afrique ; déplacements internes ; adaptation ; Convention de Kampala ; vulnérabilité ; gouvernance des mobilités.
Numéro
1 (09 - 2026)
DOI
https://dx.doi.org/10.4314/akiri.v4i3.80
